Mme Géraldine Caps, membre de l’Ordre des Vierges, est Docteur en Philosophie et en Histoire des Sciences, Responsable du service de la pastorale du tourisme du Diocèse de Metz et Chargée de cours de philosophie à l’Institut Saint Nicolas. Depuis quelques années, elle travaille sur les Écrits de notre Fondatrice Sœur Eugénie Caps.
Au cours du Chapitre général 2025, elle a animé une journée, invitant les Sœurs à se replonger dans le texte biblique de l’apparition de Jésus ressuscité à Marie-Madeleine, Jean 20, 1-18, ainsi que dans les écrits et le témoignage de foi dont la vie d’Eugénie Caps est marquée. Une invitation à contempler le Mystère pascal qui est au cœur de notre foi chrétienne et qui irrigue la vie spirituelle de Sœur Eugénie Caps, nourrit son lien particulier avec le Christ et dont sa vocation spiritaine en porte l’empreinte.
Nous vous partageons en plusieurs articles, des extraits de son intervention.
Eugénie, une missionnaire « guerrière » : foi, confiance et détermination
Eugénie s’est mise à la suite du Christ et a marché derrière ce Maître de vie. La rencontre avec le Ressuscité a changé sa vie. Elle ne veut ni ne peut garder cette Bonne Nouvelle qui jaillit de cette rencontre féconde. Elle est habitée par un élan missionnaire, qui la pousse, dans une force aussi invincible qu’imprévisible, cette force de l’Esprit-Saint, à partager cette Bonne Nouvelle au monde entier, dans un élan missionnaire profond, qui repose et s’appuie sur la grâce de Dieu.
À travers son Journal de Sœur Eugénie Caps, nous comprenons qu’elle voit déjà combien seule la grâce est son appui, mais aussi combien l’enjeu de la mission est le bonheur. « Venez Esprit de mon Dieu, prie-t-elle, éclairez ceux qui implorent votre secours. Je veux devenir une bonne missionnaire, il me faut des grâces toutes particulières. Jésus, je ne garderai pas pour moi ce que je puis dire à d’autres afin de les rendre heureux », Journal de Sœur Eugénie Caps, le 17 janvier 1921. Il ne s’agit pas d’un bonheur futile, de quelques instants. Il ne s’agit pas non plus d’une satisfaction éphémère, souvent matérielle, comme notre monde contemporain en vend à tous les coins de rue. Il s’agit d’ouvrir la porte du ciel, de faire entrer dans le bonheur qui vient de Dieu et qui culminera dans la vision béatifique. Il s’agit d’apprendre à correspondre à notre nature réelle qui est d’être louange à la gloire de Dieu. Des notes de sa retraite, avant sa prise d’habit en octobre 1922, l’expriment bien, et soulignent aussi la responsabilité qu’implique la mission :
« Comme chrétienne, je suis destinée à aller au ciel ; comme religieuse, à avoir une place de choix au ciel et comme missionnaire, de sauver des âmes. Quelle est belle cette mission que Dieu m’a confiée. Allons mon âme, arme-toi de courage ! Dieu le veut, avec Lui au ciel, but premier de ma création puisqu’Il me fit chrétienne. Comme religieuse, Il me veut bien près de Lui. Mon âme hâte-toi ! Comme Missionnaire, je puis lui gagner des âmes, beaucoup, beaucoup. Mais avant tout, il me faut être sainte, devenir bonne et fervente. Marcher de l’avant toujours, toujours sur le chemin de la perfection. Je le puis si je le veux. Oui, je le veux ! Mon Dieu bénissez mes résolutions ». Et le chemin de la sainteté, qui inclut l’expérience du Mystère pascal, est celui qui nous fait marcher à la suite du Christ, dans un amour libre et gratuit.
