Soeur Marie-Alberic Moyse (1919-1974)

Septembre 1945 : Claire Moÿse a 26 ans. Gestionnaire de la ferme familiale à Levier (Doubs) en l’absence de ses frères, prisonniers de guerre, elle vient de leur remettre les affaires en mains. L’heure a sonné pour elle de répondre à  l’appel missionnaire qui la presse depuis plusieurs années.

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Elle entre donc chez les Spiritaines et débarque dans le Sud-Cameroun en 1950. Sa capacité de travail est extraordinaire et, sous des dehors plutôt masculins, elle cache une grande sensibilité. Un don qui l’aide à  réussir près des femmes qu’elle doit former. Elle reste cependant très insatisfaite. Pourquoi ? Elle désire rejoindre les pauvres, vivre avec eux. En 1970, une prospection dans la forêt de l’Est-Cameroun lui fait découvrir un village entouré de camps pygmées. On lui permet d’aller y vivre avec une autre Sœur. Est-elle comblée ? Non ! elle voudrait prendre une option plus radicale encore et partager la vie des pygmées (que l’on appelle aussi Bakas). Le gouvernement demande à  ce peuple de sortir de la forêt pour s’établir au long des pistes : Sœur Marie-Albéric les rejoint ; c’est là  qu’elle donnera toute sa mesure !

Avec une cinquantaine de pygmées, elle commence des plantations : c’est la première action à  entreprendre si l’on veut s’installer… les habitations de feuillage seront peu à  peu remplacées par des cases de terre. La Sœur est “maître d’œuvre” mais elle a le souci de rendre peu à  peu les Bakas responsables.

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A la fin de 1972, le regroupement, surnommé “le Bosquet”, compte 700 pygmées. Grâce à  l’arrivée de deux autres spiritaines, une école est ouverte ainsi qu’un centre de soins. Un chef déclare : “Je crois que c’est un dieu qui vous a envoyées vers nous !”

Le 19 Mars 1974, Sœur Marie-Albéric se met en route pour Abong-Mbang au volant de sa Volkswagen. Un tournant difficile… un camion débouche et télescope la petite voiture qui est projetée dans la brousse : la Sœur est tuée sur le coup !

On devine la peine et le désarroi de ces Bakas bien résolus cependant à  ne pas baisser les bras ! Dix-huit ans après les trois premiers pygmées sont baptisés et “le Bosquet” constitue une communauté pleine de vie.