Soeur Eugénie Caps, a vécu 39 ans. Née en 1892 dans une famille Lorraine, après une vie bien tourmentée par un appel à fonder une congrégation spécifiquement missionnaire dans un contexte d’après 1ère guerre mondiale, elle finira sa vie en Suisse et décèdera des suites d’une opération le 16 mars 1931.

Malgré sa courte vie, Soeur Eugénie laisse un patrimoine d’Écrits assez exceptionnels sur sa relation à Dieu, et sa vison de la vie missionnaire comme un appel à la sainteté. Dans une homélie du 26 juillet 1992, à Nogent, le Père Arsène Aubert, Spiritain, ayant beaucoup travaillé sur les Écrits de Soeur Eugénie Caps, a évoqué la prière d’Eugénie. En voici quelques extraits.  

Le fondement c’est l’amour

« On ne me comprend pas. Oh s’ils pouvaient comprendre ce que c’est : n’avoir de joie qu’en vous », écrit Eugénie Caps le 24 février 1915. « Pars, monde, ton amour n’est que mensonge », 25 janvier 1915. A 13 ans, la jeune Eugénie fait la promesse de chasteté perpétuelle, en secret, et la renouvelle à 20 ans.

La fidélité à l’Esprit

La fidélité à l’ Esprit qui nous parle en notre cœur, la scène du 25 avril 1915 : « Dis à ton confesseur que je le veux, la fidélité persévérante à cette inspiration intérieure, à sa vocation, malgré son confesseur l’Abbé Eich, malgré la guerre, malgré ses proches ».

 Le juste vit de la foi

 A Jouy-aux-Arches, Eugénie est mise de côté, et le P. Onfroy l’invite au nom de Mgr Le Roy à se retirer. « Quoiqu’il advienne en fait de joie, de peine, de réprimande, de tentation », 14 janvier 1923. « L’âme qui s’attache à vous uniquement vit dans le calme et le repos. Une journée commence toujours avec les mêmes dégoûts, mais le bon plaisir de Dieu me donne de l’élan », 14 janvier 1924. « Pas une ferveur sensible qui satisfait le moi, mais cette ferveur pratique avec laquelle vous aimez que je vous serve », 18 janvier 1924.

La sainteté comme Dieu la veut 

« Je puis devenir une sainte en étant fidèle dans les petites choses », écrit  Eugénie le 31 janvier 1924. Et le 6 avril, « Je m’abandonne à votre bon plaisir ». « Depuis des années je me proposais de devenir une grande sainte mais en cachette. Est-ce que cette promesse était un enthousiasme ? Non, mon Jésus, car ce désir est encore en moi, mais je désire être sainte comme vous voulez m’y voir ». Et le 17 août 24 : « Mon Jésus, pour être une sainte, il me faut être fidèle dans des petites choses, il me faut me renoncer surtout ». Le 30 novembre 1924, « La prière seule ne suffit pas, il faut le sacrifice! Mon Dieu, plus je m’oublie, plus je vis de la foi, plus aussi je suis tranquille au fond de moi-même. Oui, c’est plus simple que je ne le pensais de devenir une vraie sainte : s’oublier et ne faire que ce que Dieu veut ! Quelle lumière, mon Dieu ! Que j’étais sotte ! Je cherchais là où il ne fallait pas… Que c’est simple, il n’y a qu’à dire, Fiat, toujours et en toutes occasions ».

L’amour de la croix

D’Allex, Soeur Eugénie écrit à Sœur Catherine Frentz : « Le monde ne comprend pas cette folie de la croix, car nous devons aimer Jésus jusqu’à la folie. Pour L’aimer ainsi, il faut désirer être traitée comme Lui l’a été dans son amour pour nous. Il faut sortir de soi, il ne faut plus voir que les intérêts de Jésus et le salut des âmes. Le moi ne doit plus vivre en nous », 14 février 1926. « Les œuvres de Dieu ne se fondent que sur la croix, Lui, a dit : j’attirerai tout à moi lorsque je serai élevé sur la Croix ». Jésus, paroles bien consolantes pour nous qui avons à Le suivre… Laissez-Le agir en vous en plein. Le chemin de la sainteté, le vrai, n’est pas si difficile du tout, vous laisser de côté, mettre dehors “notre moi” qui empêche en tout l’action divine et qui par là nous rend malheureuses », 20 juin 1926.

La paix dans la foi

« Jésus, doucement, suavement vous m’attirez à vous. Oh! Si tard je vous connais, je vous aime, mon Maître adoré. Oh! Amour, que je vous ai peu aimé! », Montana, 23 mars 1927. « En la semaine de Pâques, vous me faites comprendre la Paix que vous êtes venu nous apporter, bon Maître! Je vous donne ma paix, pas comme le monde la donne. Oui, Jésus, c’est me tenir dans le calme et la paix sous votre action divine. Quoiqu’il advienne, me tenir tranquille en vous fixant et en me confiant pleinement en Vous. Il n’est nullement nécessaire de jouir, non, ce n’est pas là votre paix, mais c’est une petite âme qui aspire Dieu et qui Le respire et se laisse guider par votre Providence divine et qui tout juste au milieu des plus grandes peines et souffrances, sait tout rapporter à Vous, mon Dieu, et qui ne se trouble de rien, qui malgré ses rechutes, ne se décourage jamais et qui se jette confiante entre vos bras miséricordieux. Cette petite âme aimante vous laisse agir à votre gré, se contente même de la lenteur du temps que vous mettez en ce qui vous plaît, ô mon Dieu », 25 mai 1927.